Toltèque Agile

l'Agile est mort... Vive l'Agile !

31 octobre 2017

l'Agile est mort... Vive l'Agile !

l'Agile a commencé une sérieuse mutation fin des années 2000. En effet Kent Beck propose une évolution du Manifeste qui va plus loin que la simple exégèse.

De "répondre aux changements plutôt que suivre un plan" nous passons à

"Initier des changements" et pas seulement y répondre.

C'est l'océan qui change de couleur : de rouge il passe à bleu.

D'une certaine manière, cette proposition d'évolution tempère la ségrégation "besoin"/"solution" des rôles agiles essentiels (par exemple le Client et le Développeur dans l'Extreme Programming).

En même temps, la fin des années 2000 est une période de ScrumMania qui fera le succès de ce cadre propice à l'agile (ou pas...) à tel point que certains confondent Scrum et agile.

 

Et le changement est encore plus profond.

Il se trouve que le monde évolue sans attendre l'agile. Le succès des cadres agiles, aujourd'hui, est probablement du au monde qui se vucanise. Ce succès crée une demande d'agile à l'échelle tout aussi extraordinaire que la ScrumMania des années 2000.

C'est la SAFeMania.

 

Les expérimentations empiriques des années 90 (à l'origine de l'agile en 2001) constituent, à l'époque, un changement radical dans la communauté du développement de logiciels. D'où le Manifeste en 2001. C'était avant.

l'Agile tel que je l'ai appris en 2000 (versions fréquentes, user stories, customer on site...) et tel que décrit dans le Manifeste... est mort.

Plus exactement il est en train de se réincarner dans une version beaucoup plus ambitieuse, un saut quantique  en quelque sorte.

Le passage de l'atome à la molécule.

 

Dans les années 90, la problématique était technique : le développement de logiciel ne fonctionnait pas bien (c'est le moins que l'on puisse dire...). D'où les approches empiriques pour répondre à la prise de conscience de la complexité du domaine.

Aujourd'hui, la problématique dépasse largement le périmètre d'un produit en particulier, c'est ce que j'exprime en utilisant l'acronyme VUCA. Et ce sont désormais des cadres tels que SAFe qui tiennent lieu de fer de lance agile.

La question est devenue organisationnelle.

Si SAFe est moins permissif que Scrum (Dieu merci !) il reste qu'une transformation agile peut encore partir en vrille.

  1. Sous estimer le changement de mindset (heureusement, SAFe met le paquet là-dessus)
  2. En particulier au niveau Management (d'où l’implémentation 1.2.3)
  3. Croire qu'un cadre agile est du management de projet (d'ailleurs SAFe fait un peu exploser ce concept) ; à ce sujet, les rôles sont fonctionnels, pas hiérarchiques
  4. faire de l'agile en dilettante (au sens péjoratif du terme !). Non, l'agile est une discipline
  5. sous-estimer la durée nécessaire à un tel changement et croire que SAFe est plus important que les personnes.

 

Notez que ces travers existent depuis des années avec bon nombre de mises en œuvre de Scrum... catastrophiques.

 

Il est donc grand temps, dans la communauté agile, de prendre conscience de ce changement de périmètre. Ne plus s'arcbouter sur les solutions du passé, bien loin d'être à la hauteur du monde actuel, même si, bien entendu, il ne s'agit pas de  jeter le bébé avec l'eau du bain.

 

La rançon du succès.

 

Don't be afraid to take a big step. You can't cross a chasm in two small jumps. ~ David Lloyd George

Agile à l'échelle : que faire ? Je vous salue TerreMère